Se protéger : arnaques, fausses vidéos, vie privée · Protéger vos proches · Leçon 13 sur 14
Si c'est arrivé : bloquer, signaler, prévenir la banque, porter plainte
À faire
Cette leçon n'est pas encore ouverte
Un virement parti, un code donné, un lien cliqué. Ça arrive aux gens attentifs, parce qu'en face ce sont des professionnels. Cette leçon donne l'ordre des gestes des premières heures : c'est là que se joue ce qui peut être récupéré, et la fin de l'histoire est souvent moins grave qu'on ne le croit sur le moment.
Objectif : À la fin, vous saurez quoi faire dans les premières heures après une arnaque, dans l'ordre, avec les numéros et les sites officiels de votre pays, et sans honte.
La vidéo
Transcription (le texte de la vidéo)
Bonjour. Un virement parti, un code donné, un lien cliqué. Ça arrive aux gens attentifs, parce qu'en face ce sont des professionnels. Aujourd'hui, l'ordre des gestes des premières heures : c'est là que se joue ce qui peut être récupéré. Et nous parlerons de la honte, qui n'a pas sa place ici.
Premier geste : la banque, tout de suite, au numéro du dos de votre carte, jamais à un numéro reçu par message. Elle bloque, et arrête parfois un virement encore en cours. Deuxième geste : les mots de passe, dans l'heure, en commençant par votre boîte de courriels. Si quelqu'un a pris la main sur votre ordinateur, coupez internet et changez tout depuis un autre appareil.
Troisième geste : les preuves. Ne supprimez rien, photographiez chaque message. Quatrième : le signalement. En Suisse, le 117 et le formulaire de l'Office fédéral de la cybersécurité. En France, le 33700 pour un SMS, Perceval pour une carte, et Info Escroqueries au 0 805 805 817. Cinquième : la plainte, au poste de police, ou en ligne sur THESEE en France. La banque et l'assurance la demandent souvent.
Un mardi, une personne comprend qu'elle a lu un code à un faux conseiller. Un virement de quatre mille deux cents francs est en cours. À seize heures cinq, elle appelle le numéro du dos de sa carte : la banque arrête le virement. À seize heures vingt, elle change ses mots de passe. Le lendemain, elle porte plainte : la troisième de la semaine, dit l'agent. Rien de perdu.
Il reste un piège, qui vient après. Un cabinet, un enquêteur, une société de récupération vous appelle : votre argent est retrouvé, il faut des frais de dossier. C'est une seconde arnaque, souvent par les mêmes réseaux. Personne ne récupère votre argent contre une avance. Seuls votre banque, la police et la justice agissent, et aucun ne demande d'argent pour cela.
Dans l'exercice, vous préparez à froid votre fiche : les cinq gestes dans l'ordre, les numéros et les sites de votre pays, vérifiés par vous sur les pages officielles, et le numéro de votre banque écrit de votre main. Vous ne pouvez rien casser, et cette fiche, on espère qu'elle ne servira jamais.
Banque d'abord, mots de passe ensuite, preuves gardées, signalement, plainte : cinq gestes dans l'ordre, et la honte n'en fait pas partie. En parler protège les vôtres. Vous n'êtes pas naïf : ils sont professionnels. À la prochaine leçon, la dernière de la voie : votre liste de contrôle mensuelle.
L'idée
Banque d'abord, mots de passe ensuite, preuves gardées, signalement, plainte : cinq gestes dans l'ordre, et la honte n'en fait pas partie.
La démonstration
Voici l'exemple, entièrement fait sous vos yeux, avant que vous ne le fassiez vous-même.
Le cas est reconstitué à partir des fiches de Cybermalveillance.gouv.fr (mai 2026) et de la Prévention Suisse de la Criminalité. Aucun nom réel.
**Mardi, 16 h.** Une personne raccroche avec un « conseiller » de sa banque, et un doute la saisit : elle lui a lu un code reçu par SMS. Elle ouvre l'application de la banque : un virement de 4 200 francs est « en cours » vers un compte inconnu.
**16 h 05.** Elle appelle le numéro au dos de sa carte, pas celui du SMS. La banque bloque le compte et arrête le virement, encore en traitement. Elle apprend qu'il partait à 17 h.
**16 h 20.** Depuis sa tablette, elle change le mot de passe de sa messagerie, puis celui de la banque en ligne. La vérification en deux étapes était déjà active.
**16 h 40.** Elle photographie le SMS, note le numéro qui a appelé et l'heure, et range le tout dans un dossier.
**17 h.** Elle remplit le formulaire d'annonce de l'Office fédéral de la cybersécurité. Une première évaluation arrive aussitôt, avec des recommandations.
**Mercredi, 9 h.** Au poste de police, avec ses papiers. L'agent prend la plainte en vingt-cinq minutes et lui dit que c'est la troisième de la semaine.
**Vendredi.** Un « bureau de recouvrement » l'appelle : il a localisé « ses fonds », contre 300 francs de frais. Elle raccroche. Le soir, elle raconte tout à sa fille et à sa voisine.
Bilan : rien de perdu, parce que l'appel à la banque a pris cinq minutes. En France, les mêmes gestes, avec le 0 892 705 705 pour la carte et THESEE pour la plainte en ligne.
L'exercice guidé
Vous ne pouvez rien casser.
Vous ne pouvez rien casser. 1) Collez le texte ci-dessus dans votre assistant, avec votre pays. 2) Vérifiez chaque numéro et chaque site sur les pages officielles citées dans les sources de cette leçon : un assistant peut se tromper sur un numéro. 3) Écrivez à la main le numéro de votre banque, celui du dos de votre carte. 4) Imprimez ou recopiez la fiche et rangez-la avec vos papiers importants, près du téléphone. 5) Dites à un proche où elle se trouve.
La consigne à copier :
Je prépare, à froid, ma fiche « Si c'est arrivé ». Je vis en [Suisse / France / Belgique]. Rédigez une fiche d'une page, au vouvoiement, avec : 1) les cinq gestes des premières heures dans l'ordre (banque, mots de passe, preuves, signalement, plainte), une ligne chacun ; 2) pour mon pays, les numéros et sites officiels de signalement et de plainte, en signalant ceux dont vous n'êtes pas sûr pour que je les vérifie ; 3) une ligne sur l'arnaque à la récupération de fonds ; 4) une phrase de fin sans jugement. Laissez deux lignes vides pour que j'écrive moi-même le numéro de ma banque. Terminez par le mot VÉRIFIÉ.
Copié ! Collez-la dans votre assistant.Trois vérifications
Cochez chaque phrase quand elle est vraie pour vous :
Le quiz de la leçon
5 questions. La réponse est expliquée tout de suite. Vous pouvez réessayer autant de fois que vous voulez : aucune note n'est gardée.
1. Vous venez de comprendre que le « conseiller » était faux : un virement de 3 000 francs est en cours. Premier geste ?
Un virement en cours peut encore être arrêté ; chaque minute compte. Le numéro de la banque est celui de la carte, jamais celui d'un message. Réflexe : la banque d'abord, tout de suite.
2. Vous avez tapé votre mot de passe sur un faux site de La Poste. Lequel changez-vous en premier ?
Un faux site enregistre tout ce que vous tapez. La boîte de courriels est la clé de tous vos comptes : c'est elle qu'on ferme en premier, comme appris au tronc commun. Réflexe : le courriel d'abord, puis les jumeaux.
3. Un SMS vous propose un numéro « d'opposition » à appeler d'urgence pour bloquer votre carte. Vous…
Cybermalveillance.gouv.fr décrit ces faux numéros d'opposition : au bout du fil, l'escroc lui-même, qui récupère vos codes. Réflexe : mes numéros, jamais les leurs.
4. Trois jours après une arnaque, un « cabinet » vous appelle : il a retrouvé votre argent et demande 300 euros de frais de dossier. C'est…
Les réseaux se revendent les coordonnées des victimes et reviennent avec un costume de sauveur. La Prévention Suisse de la Criminalité le dit : ne répondez pas à ces contacts non sollicités. Réflexe : une avance demandée, je raccroche.
5. Vous avez honte et vous préférez ne rien dire à personne. Ce silence…
Les premières heures comptent pour la banque, la plainte aide la police, et un proche prévenu ne tombera pas dans le même piège. Réflexe : pas de jugement, des gestes, et j'en parle.
Garder votre place
Et maintenant
D'ici demain, recopiez sur votre fiche le numéro du dos de votre carte et le numéro de signalement de votre pays : le 117 et le formulaire de l'OFCS en Suisse, le 0 805 805 817 en France. Deux lignes, et la fiche existe. Nous vous reposerons une question dans 3 jours.
Comment avez-vous trouvé cette leçon ?
Deux questions, dix secondes. Vos réponses servent à corriger les leçons suivantes : c'est notre seul moyen de savoir ce qui passe mal.
Les mots de cette leçon
- Opposition
- La demande faite à la banque de bloquer une carte ou un compte pour empêcher toute nouvelle opération.
- Signalement
- Prévenir un service officiel (police, OFCS, 33700, Pharos…) d'une tentative d'arnaque, pour qu'elle soit recensée et bloquée. Il ne remplace pas la plainte.
- Plainte
- La déclaration officielle d'une infraction auprès de la police, au poste ou en ligne, qui ouvre une enquête et sert de preuve à la banque et à l'assurance.
- Arnaque à la récupération de fonds
- Une seconde arnaque : un faux cabinet ou enquêteur promet de récupérer l'argent perdu contre des frais payés d'avance.