Se protéger : arnaques, fausses vidéos, vie privée · Les arnaques qui utilisent l'IA · Leçon 2 sur 14
Le faux conseiller bancaire et le faux technicien
À faire
Cette leçon n'est pas encore ouverte
Le numéro de votre banque s'affiche, l'interlocuteur connaît votre nom et parle de paiements suspects. Cette leçon vous montre les deux costumes préférés des escrocs, le conseiller et le technicien, et le seul geste qui les fait tomber.
Objectif : À la fin, vous saurez qu'une banque ne demande jamais de déplacer de l'argent ni de donner un code, et vous raccrocherez pour rappeler le numéro officiel.
La vidéo
Transcription (le texte de la vidéo)
Bonjour. Dans cette leçon, deux personnages : le faux conseiller de banque et le faux technicien. Ils ont l'air sérieux, ils connaissent votre nom, et le bon numéro s'affiche. Nous allons voir ce qu'ils veulent vraiment, et le geste qui les arrête.
Le faux conseiller annonce des paiements suspects. Il propose de déplacer votre argent sur un compte sécurisé, ou vous demande un code reçu par SMS. Le faux technicien, lui, veut installer un programme pour mettre à jour votre application. Dans les deux cas, on vous demande d'agir. Une vraie banque n'a besoin de rien : si elle voit une fraude, elle bloque la carte elle-même.
En mai 2026, la police vaudoise a interpellé neuf personnes. Elles se présentaient comme des employés de banque, ou comme des techniciens chargés d'une mise à jour urgente. Sous prétexte d'urgence, elles faisaient transférer l'argent, ou prenaient le contrôle de l'ordinateur à distance. En France, cette fraude a progressé de 159 % en 2025.
Le numéro qui s'affiche se falsifie : c'est l'usurpation de numéro. Et une variante existe : le faux numéro d'opposition, placé en ligne pour que vous appeliez les escrocs vous-même. Le seul numéro qui vaut, c'est celui imprimé au dos de votre carte, ou celui de votre application.
Vous raccrochez, puis vous rappelez votre banque au numéro officiel. Trois jamais : jamais de code par téléphone, jamais de virement de sécurité, jamais de logiciel installé à la demande d'un inconnu. Et devant une fenêtre qui bloque l'écran, vous n'appelez pas : vous fermez, ou vous redémarrez.
Dans l'exercice, votre assistant joue d'abord un faux conseiller, puis un faux technicien. Quatre répliques chacun. Vous répondez, vous raccrochez, et il vous dit ce qui devait vous alerter. Vous ne pouvez rien casser. Notez la phrase de l'escroc qui vous a fait hésiter : c'est celle que vous reconnaîtrez la prochaine fois.
Ma banque ne me demande jamais un code ni un virement par téléphone. Si on me demande d'agir, je raccroche et je rappelle le numéro de ma carte. Vous n'êtes pas naïf : ces appels utilisent vos vraies données, volées ailleurs. C'est ce qui les rend crédibles. Le geste, lui, reste simple. Et demain, recopiez le numéro officiel de votre banque sur un papier près du téléphone.
L'idée
Ma banque ne me demande jamais un code ni un virement par téléphone : je raccroche et je rappelle le numéro officiel.
La démonstration
Voici l'exemple, entièrement fait sous vos yeux, avant que vous ne le fassiez vous-même.
Le cas est reconstitué à partir des descriptions de la police vaudoise (mai 2026) et de cybercrimepolice.ch. Aucun nom réel.
**Ce que la personne entend.** 9 h 40, un jeudi. Son portable affiche le nom de sa banque. Une voix posée : « Service fraude. Nous voyons deux paiements en cours vers l'étranger, 1 200 et 890 francs. Vous les reconnaissez ? » Non. « Nous les bloquons. Par sécurité, nous allons déplacer votre solde sur un compte de protection le temps de l'enquête. Vous allez recevoir un code par SMS : lisez-le-moi, il annule les paiements. »
Le SMS arrive. Il dit, en petits caractères : « Code de validation pour un virement de 4 950 francs. »
**Ce qui devait alerter.** Une demande d'action (lire un code). Une pression (des paiements « en cours »). Le mot « compte de protection ». Et le SMS lui-même, qui parle d'un virement, pas d'une annulation.
**Le geste qui sauve.** La personne dit : « Je vais rappeler la banque moi-même. » L'interlocuteur insiste : « Vous allez perdre l'argent. » Elle raccroche. Elle retourne sa carte bancaire, compose le numéro imprimé au dos. La vraie banque confirme : aucun paiement suspect, aucun appel de sa part. Elle signale le numéro, et note l'heure de l'appel.
Durée totale : quatre minutes. Rien n'a bougé sur le compte. La seule chose que l'escroc avait, c'était son nom et sa banque, sans doute issus d'une fuite de données. Il lui manquait le code. Il ne l'a pas eu.
L'exercice guidé
Vous ne pouvez rien casser.
Vous ne pouvez rien casser. 1) Ouvrez votre assistant en version gratuite. 2) Copiez-collez le texte ci-dessus et envoyez-le. 3) Répondez à chaque réplique comme au téléphone ; laissez l'escroc insister une fois, pour sentir la pression. 4) Écrivez : « Je raccroche, je rappelle ma banque au numéro de ma carte. » 5) Lisez les deux bilans. Notez la phrase de l'escroc qui vous a le plus fait hésiter.
La consigne à copier :
Je m'entraîne à réagir à un faux conseiller bancaire. Jouez un escroc qui m'appelle pour « sécuriser mon compte » après de prétendus paiements suspects. Quatre répliques maximum, sans détails techniques. Je réponds après chacune. Dès que je dis que je raccroche pour rappeler ma banque, arrêtez le jeu et faites le bilan : les signaux d'alerte présents, ce que j'ai bien fait, une amélioration. Ensuite, proposez une deuxième version : un faux technicien qui veut installer un programme pour « mettre à jour » mon application bancaire. Même règle, même bilan. Terminez par le mot VÉRIFIÉ.
Copié ! Collez-la dans votre assistant.Trois vérifications
Cochez chaque phrase quand elle est vraie pour vous :
Le quiz de la leçon
5 questions. La réponse est expliquée tout de suite. Vous pouvez réessayer autant de fois que vous voulez : aucune note n'est gardée.
1. Un appel affiche le numéro de votre banque. On vous annonce des paiements suspects et on vous propose de déplacer votre argent sur un « compte sécurisé ». Vous…
Le numéro affiché se falsifie. Aucune banque ne déplace votre argent sur un « compte sécurisé ». Réflexe : je raccroche, je rappelle le numéro de ma carte.
2. Le « conseiller » vous demande de lui lire le code reçu par SMS « pour annuler le paiement frauduleux ». Ce code sert en réalité à…
Un code SMS confirme une opération que quelqu'un est en train de faire. Le lire à voix haute, c'est signer à sa place. Réflexe : un code ne se dit jamais, à personne.
3. Une fenêtre couvre tout votre écran : « Votre ordinateur est infecté. Appelez immédiatement le 0800… ». Que faites-vous ?
Un vrai message de sécurité n'a jamais de numéro de téléphone. Le site suisse eBanking en toute sécurité conseille de fermer par Ctrl+Alt+Suppr ou de redémarrer. Réflexe : pas d'appel, pas de clic.
4. Un « technicien de votre banque » veut installer un programme pour « mettre à jour l'application » et vous guider à l'écran. Vous…
Un logiciel de prise en main à distance donne votre écran à un inconnu, qui fait les virements lui-même. Aucune banque ne procède ainsi. Réflexe : jamais de logiciel installé à la demande d'un inconnu.
5. Vous voulez bloquer votre carte. Vous tapez « opposition carte » dans un moteur de recherche et appelez le premier numéro affiché. Quel est le risque ?
Cybermalveillance.gouv.fr signale la montée des faux numéros d'opposition : la victime appelle l'escroc en croyant appeler sa banque. Réflexe : le numéro au dos de ma carte ou dans mon application, rien d'autre.
Garder votre place
Et maintenant
D'ici demain, recopiez le numéro officiel de votre banque (au dos de votre carte ou dans son application) sur un papier près du téléphone. C'est ce numéro, et aucun autre, que vous composerez en cas de doute. Nous vous reposerons une question dans 3 jours.
Comment avez-vous trouvé cette leçon ?
Deux questions, dix secondes. Vos réponses servent à corriger les leçons suivantes : c'est notre seul moyen de savoir ce qui passe mal.
Les mots de cette leçon
- Usurpation de numéro (spoofing)
- Une technique qui affiche sur votre téléphone un faux numéro, par exemple celui de votre banque, alors que l'appel vient d'ailleurs.
- Prise en main à distance
- Un logiciel qui permet à une autre personne de voir et de commander votre écran depuis chez elle.
- Faux numéro d'opposition
- Un numéro d'escrocs placé en ligne à la place du vrai numéro de blocage de carte, pour que la victime les appelle elle-même.