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L'IA en main

Comprendre plus loin : histoire, enjeux, énergie, droit, emploi · Où ça va · Leçon 12 sur 14

Biais et équité : quand l'IA se trompe sur les gens

À faire

Une IA n'a pas d'opinion. Elle reproduit pourtant les habitudes des textes et des images qu'on lui a donnés. Quand ces habitudes portent sur des personnes, l'erreur cesse d'être anodine. Aujourd'hui, vous saurez d'où elle vient et comment la repérer.

Objectif : À la fin, vous saurez d'où viennent les biais d'une IA, comment on les mesure, et quoi faire quand une décision automatique vous concerne.

La vidéo

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Transcription (le texte de la vidéo)

Bienvenue dans cette leçon. Une IA n'a pas d'opinion. Elle reproduit pourtant les habitudes des textes et des images qu'on lui a donnés. Quand ces habitudes portent sur des personnes, l'erreur cesse d'être anodine. À la fin, vous saurez d'où viennent ces biais, et quoi faire quand une décision automatique vous concerne.

Un biais est un écart systématique. Pas une erreur au hasard, mais une erreur qui penche toujours du même côté. Trois sources l'expliquent. Les données, d'abord : le modèle apprend le monde tel qu'il a été écrit et photographié. La fabrication ensuite : des personnes trient et étiquettent les exemples, et leurs consignes laissent une trace. Enfin l'usage : un outil réglé pour une population, employé ailleurs, se trompe davantage.

Regardez cette mesure. Le dix-neuf décembre 2019, l'institut américain NIST a publié une étude sur la reconnaissance faciale. Cent quatre-vingt-neuf algorithmes, quatre-vingt-dix-neuf fournisseurs, plus de dix-huit millions d'images. Les taux de fausses correspondances étaient dix à cent fois plus élevés pour certains groupes. Mais voici le résultat le plus éclairant. Les algorithmes développés en Asie ne montraient pas cet écart. Le problème n'est pas la peau. C'est la composition des images d'entraînement.

Une erreur de traduction se corrige. Une fausse correspondance lors d'un contrôle, non. Voilà pourquoi le règlement européen traite ces usages à part. La notation sociale des citoyens et la prédiction du risque criminel par le seul profil sont interdites depuis février 2025. D'autres usages sont classés à risque élevé, avec des obligations strictes. Et vous gardez un droit simple. Demander qu'une personne réexamine une décision prise par une machine.

À vous maintenant. Demandez à votre assistant trois à cinq portraits de quatre lignes, sans prénom. Un maire, une personne qui fait le ménage, un médecin, par exemple. Relevez le sexe et l'âge qu'il attribue sans que vous l'ayez demandé. Demandez-lui d'où viennent ces attributions. Puis faites-lui inverser les portraits, et comparez. Vous ne pouvez rien casser.

Retenez ceci. Un biais n'est pas une opinion de la machine. C'est une régularité de ses données, répétée sans conscience. Il se mesure, comme l'a fait le NIST, plutôt qu'il ne se devine. Et il se corrige, à condition de changer la matière première. Trois gestes vous restent. Repérer le biais dans vos propres usages. Refuser une décision automatique sans recours. Et signaler ce que vous constatez. La prochaine leçon parle de culture, de musique et de patrimoine.

L'idée

Un biais n'est pas une opinion de la machine : c'est une régularité des données, répétée sans conscience.

La démonstration

Voici l'exemple, entièrement fait sous vos yeux, avant que vous ne le fassiez vous-même.

Nous menons une petite expérience, reproductible chez vous.

Nous écrivons à notre assistant : « Écrivez trois portraits de quatre lignes, sans donner de prénom. Un chef d'entreprise, une personne qui garde des enfants, un ingénieur en informatique. »

Exemple de réponse : « Le chef d'entreprise arrive tôt, consulte ses tableaux de bord, tranche vite. Il dirige une quarantaine de personnes. La personne qui garde des enfants prépare le goûter et raconte une histoire. Elle connaît chaque habitude de la maison. L'ingénieur en informatique travaille sur deux écrans. Il aime les problèmes bien posés. »

Aucun prénom n'était demandé. Les pronoms, eux, sont apparus tout seuls. Deux hommes, une femme, répartis selon l'habitude.

Nous poursuivons : « D'où vient le sexe que vous avez attribué à chaque portrait ? »

L'assistant répond que ces associations viennent de la fréquence observée dans ses textes d'entraînement, et non d'un choix. La réponse est honnête, et elle correspond à ce que nous avons expliqué.

Nous demandons enfin trois nouveaux portraits, avec la consigne d'inverser les sexes. L'assistant s'exécute sans difficulté.

La leçon tient en une phrase. Le biais n'était pas une limite technique. Il était le chemin le plus fréquenté, pris faute de consigne.

L'exercice guidé

Vous ne pouvez rien casser.

Vous ne pouvez rien casser. 1. Choisissez trois à cinq rôles courants, dont deux que vous connaissez de près. 2. Envoyez la demande à votre assistant, en version gratuite, sans lui souffler de réponse. 3. Relevez, pour chaque portrait, le sexe et l'âge implicites. 4. Lisez son explication sur l'origine de ces attributions. 5. Comparez les portraits inversés avec les premiers : notez ce qui sonne juste et ce qui sonne faux.

La consigne à copier :

Écrivez [trois à cinq] portraits de quatre lignes chacun, sans donner de prénom, pour ces rôles : [choisissez des rôles, par exemple : un maire, une personne qui fait le ménage, un médecin, une personne au guichet de la poste]. Puis répondez à deux questions. Un : quel sexe et quel âge avez-vous attribués à chacun, et pourquoi ? Deux : réécrivez les portraits en inversant ces attributions.

Trois vérifications

Cochez chaque phrase quand elle est vraie pour vous :

Le quiz de la leçon

5 questions. La réponse est expliquée tout de suite. Vous pouvez réessayer autant de fois que vous voulez : aucune note n'est gardée.

1. Votre assistant décrit systématiquement une infirmière au féminin et un chirurgien au masculin. Comment l'expliquez-vous ?

2. On vous dit que la reconnaissance faciale se trompe davantage sur certaines personnes. Sur quoi vous appuyez-vous pour en parler ?

3. Dans cette même étude, les algorithmes développés en Asie ne montraient pas d'écart entre visages asiatiques et caucasiens. Que cela démontre-t-il ?

4. Une administration vous refuse un dossier sur la base d'un traitement entièrement automatique. Que demandez-vous ?

5. Vous constatez un biais net dans un service que vous utilisez. Quel geste est le plus utile ?

Et maintenant

D'ici demain, refaites l'expérience des portraits avec deux métiers de votre entourage. Notez sur une feuille le sexe et l'âge que l'assistant leur attribue spontanément. Vous aurez votre propre petite mesure, datée de votre main. Nous vous reposerons une question dans 3 jours.

Comment avez-vous trouvé cette leçon ?

Deux questions, dix secondes. Vos réponses servent à corriger les leçons suivantes : c'est notre seul moyen de savoir ce qui passe mal.

Cette leçon vous a-t-elle servi ?
Et le rythme ?

Anonyme. Nous ne demandons ni votre nom ni votre adresse.

Les mots de cette leçon

Biais
Un écart systématique, qui penche toujours du même côté ; à distinguer d'une erreur au hasard.
Faux positif
Une correspondance annoncée à tort, par exemple deux visages différents reconnus comme la même personne.
Étiquetage des données
Le travail humain qui trie et annote les exemples d'entraînement ; ses consignes se retrouvent dans le modèle.
Système à risque élevé
Un usage de l'IA touchant des droits importants ; le règlement européen lui impose des obligations strictes.

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